2015-2016 - Qu’est-ce qu’un analysant ?

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Qu’est-ce qu’un analysant ?

« La voie psychanalysante ne s’applique pas à l’acte psychanalytique,dont la logique est de sa suite »1 Un rien de grammaire, un petit changement de participe du passé au présent pour dire l’effort soutenu et voilà le classique « psychanalysé » bien passé. « Mauvais tour » dit Lacan2. Mais ce psychanalysant est-il plus assuré ? Celui qui vient parler à un analyste parce qu’il souffre, comme on aime à le dire ne l’est pas encore analysant, il en faut plus, car il pourrait aussi bien rencontrer un psychothérapeute, il y en a tant. Quelle est la différence ? Question donc sur la spécificité de la psychanalyse, comment, à quelles conditions y entre-t-on ? Et passé le seuil, quelle est la nature de cette « voie psychanalysante », le nouvellement baptisé analysant s’en inquiète, suis-je vraiment en analyse ? À quoi ça se juge ? Quant à la fin, si elle ne fait plus un « psychanalysé », peut-être fera-t-elle… un psychanalyste ? Mais celui-là, s’il veut penser la psychanalyse, ne fera-t-il pas retour à une voie analysante, une autre ? Colette Soler, le 6 juillet 2015

Jeudi 5 novembre 2015

- Sol Aparicio : On ne naît pas psychanalysant ...
Qu’est-ce qu’un analysant ? Comment le définir en tenant compte tout à la fois de pratique et doctrine ?
Freud n’a-t-il pas dit qu’il n’y a d’analysant que névrosé ? Et Lacan n’a-t-il pas attendu 1967 pour le nommer ainsi ?
Il semble bien que son élaboration d’alors ait ouvert la possibilité de penser autrement la question des indications de l’analyse, ce qui ne pouvait qu’avoir une incidence sur la définition de ce qu’est un analysant.

- Frédéric Pellion : Enfant vs analysant ?
Partant à la recherche d’une définition de cet analysant qui est, donc, notre objet de cet année, nous rencontrons une figure a priori inattendue, celle de l’enfant. Les rapports ambigus de celui-ci avec la fin, d’une part, et de l’autre avec ce que Lacan nomme ”acte analytique”, éclairerons toutefois un peu notre question de départ.

Jeudi 3 décembre 2015

-Miyuki Oishi : « Un-croyant in/soumis»
Du psychanalysé de Freud au psychanalysant avec Lacan » Que faut-il à un sujet pour qu’il s’adresse à un analyste si ce n’est au départ une croyance faisant de lui un croyant ? Celle-ci va concerner ce qu’il en est de l’inconscient et de ses formations, comme de l’Autre et de son savoir. Le parcours d’une analyse n’amène-t-il pas l’analysant à des modifications de sa croyance ? C’est ce dont il va être question au travers des écrits de Freud et de Lacan.

- Bernard Nominé : « Je ne te le fais pas dire... mais tu me le fais entendre »
Les effets du transfert nous montrent qu’il n’y a d’analysant que parce qu’il y a de l’analyste. C’est ce point que je vais interroger.

Jeudi 7 janvier 2016

- Colette Soler : « Un travailleur ? »
Lacan a bien défini l’analysant. Ce que j’ai voulu dire : « c’était que dans l’ana- lyse, c’est la personne qui vient vraiment former une demande d’analyse, qui travaille » (« Conférence de Genève », Bloc-note de la psychanalyse, n° 5, p. 8). Simplicité trompeuse, qui ne dit ni ce qu’est cette vraie demande, ni ce qu’est ce travail, et pas non plus ce que fait l’autre, qui ne travaille pas.

- Sidi Askofaré : « Que veut dire “analysant” ? »
Le terme d’analysant, introduit par Lacan en 1967, a supplanté presque dé - nitivement celui d’analysé, et ce y compris dans les sociétés qui ne s’orientent pas à partir de l’option lacanienne.
Comment entendre aujourd’hui cette notion ? Ne vaut-elle que pour désigner celui qui est à la tâche dans le discours analytique et pendant le temps qu’une analyse opère pour livrer son produit : un analyste ? Ou est-il le nom de bien d’autres choses ?

Jeudi 4 février 2016

- Irène Tu Ton : Analysant : une éthique de la psychanalyse ?
L’introduction du signifiant « analysant » par Jacques Lacan, dans son enseignement en 1967, interroge. Quel est son apport pour penser l’expérience psychanalytique et peut-on avancer que ce signifiant relève d’une éthique de la psychanalyse ?

- Philippe Madet : Variantes de l’analysant type
La question « qu’est-ce qu’un analysant ? » est posée par les analystes mais intéresse tout autant les analysants, lesquels, il me semble, se nomment rarement comme tel. On entend plus généralement : je suis en analyse, je fais une analyse, ou encore je vais voir un analyste. Si les analysants ne s’approprient pas, tout au moins dans les premiers temps de la cure, le signifiant qui les désigne, est-ce le fait de variantes du sujet en analyse ? De l’impossibilité de se retrouver dans un universel pouvant être nommé ? Est-ce le fait d’une résistance ? Et de qui ?

Jeudi 10 mars 2016

- Brigitte Hatat : « La voie psychanalysante »
L’analysant ne peut se déduire que de sa trajectoire dans la voie psychana- lysante et de sa persévérance à en franchir les obstacles, de les rapporter à l’expérience même. Car il est celui qui parle et fait l’épreuve de ce en quoi, comme sujet, il est déjà constitué comme effet de la parole. Cette tâche, il revient à l’analyste de ne pas la laisser se perdre, de ne voir, comme Lacan le dit dans le séminaire sur l’acte, que le point où en est le sujet dans cette tâche. Car la voie psychanalysante n’est ni insondable ni erratique, elle a ses repères structuraux qui, de cette voie, font lecture.

- Patrick Barillot : « Analysant hors analyse »
« Ce qu’il me faut bien accentuer, c’est qu’à s’offrir à l’enseignement, le dis- cours psychanalytique amène le psychanalyste à la position du psychanaly- sant, c’est-à-dire à ne produire rien de maîtrisable, malgré l’apparence, sinon au titre de symptôme. » (Allocution prononcée pour la clôture du congrès de l’École freudienne de Paris le 19 avril 1970, par son directeur, dans Scilicet, 4e trimestre 1970, n° 2-3, p. 391-399.)
Si la substitution du terme de psychanalysant à celui de psychanalysé a imposé, dans l’ensemble du monde psychanalytique, l’idée que le travailleur se trouve du côté du sujet en analyse, la possibilité pour le psychanalyste d’un retour à la voie psychanalysante, autre que celle qu’il a déjà connue, n’a pas franchi les cercles lacaniens. Et même parmi ceux-ci ce thème n’a pas beaucoup été exploré.
Reste donc à examiner quelles sont les occurrences de cette position psycha- nalysante occupée par le psychanalyste et les conditions de son effectivité.

Jeudi 7 avril 2016

- Rosa Guitart : « Trois mots sur le trajet analytique... »
Le terme « analysant » évoque un sujet qui travaille. Mais ce terme évoque aussi un trajet inachevé : un trajet en cours, un trajet qui achoppe, un trajet dont on ne peut pas tout dire... Les points de suspension évoquent également le trajet inachevé d’une phrase, avec la polysémie qui leur est propre. Je me propose donc d’interroger les divers points de suspension qui ponctuent le trajet analytique.

- Luis Izcovich : « Devenir analysant »
Pour exister, la psychanalyse n’a pas attendu l’émergence du terme d’ana- lysant. Dès lors, nous interrogerons ce qui l’a précédé et ce qui change avec son introduction. Plus fondamentalement, il s’agira de mettre en évidence que l’essence du discours analytique est donnée par une discontinuité, celle de l’écart entre la demande d’analyse et la mise au travail de l’analysant. Ce n’est pas seulement un écart de temps. Plus que de déterminer ce que le terme d’analysant recouvre, notre intérêt portera sur la façon dont on le devient. Pour le dire autrement, il n’y a pas d’analysant sans l’acte d’un analyste.

Jeudi 12 mai 2016

- Anne-Marie Combres : « La sortie est à l’intérieur »

« Comment en sortir ? », « Je ne m’en sors pas ! »... propos récurrents. S’il faut d’abord en passer par « son entrée dans l’affaire », qu’en est-il de la grâce que Lacan évoque du côté de l’analysant quant au commencement ?

- Dimitra Kolonia : « Un sujet courageux, qui a le “choix”, qui se sent “libre” »

Qu’il faille du courage, pour ne pas reculer devant le réel de l’inconscient, c’est certain. Mais en quoi un analysant aurait-il le choix, ou même une certaine liberté ?

Animé par Luis Izcovich

Jeudi 16 juin 2016

- Dominique Marin : « Naturellement analysant !? »

La supposition du sujet supposé savoir rendrait « le névrosé naturellement psychanalysant » selon Lacan (D’un autre à l’Autre). Est-ce à dire que la carrière de l’analysant s’effectuerait naturellement et seulement par son désir d’analyse quel que soit l’analyste rencontré ? Or, Lacan ne manque pas de souligner que la prise du sujet dans le discours analytique « soude l’analysant au couple analysant-analyste » (« La troisième »). C’est à partir de cette sou- dure que je propose de suivre la carrière de l’analysant.

- Anne Lopez : « Les occurrences d’un désir décidé ? »

Deux points seront abordés : – l’analysant qui occupe déjà la position de semblant de a, encore dans son expérience et qui s’offre comme analyste ; – un ou des changements d’analyste dans l’expérience analytique en cours. Nous essayerons d’en tirer quelques conséquences.

Animé par Dimitra Kolonia

 


Organisé par le Conseil d'orientation de l'EPFCL-France et les Commissions locales de l'École (CAG et COE)

  • 1. Discours à l’EFP prononcé le 6 décembre 1967 qui fut publié sous la forme ci-dessus dans Scilicet 2/3, p. 9-29
  • 2. Allocution prononcée pour la clôture du congrès de l’École freudienne de Paris le 19 avril 1970, par son directeur dans Scilicet, 4e trimestre 1970, no 2/3, p. 391-399