Prochain Séminaire du Champ lacanien

20 juin 2019

à 21h15, au 118, rue d'Assas - 75006 Paris

Ségrégation familiale

Natacha Vellut : « La veuve, une figure à facettes de la ségrégation des femmes »
La figure de la veuve, qu’on pourrait croire archaïque et démodée, demeure vivace. Je tenterai à travers elle de saisir les mécanismes de la ségrégation, l’usage de signifiants, l’apposition de marques, le choix de représentations, l’élection de lieux. En sa compagnie, je chercherai à éclairer la ségrégation des femmes.

Radu Turcanu : « Famille, sacrée ségrégation »
OEdipe, la famille romaine (familia comme patrimonium), la famille « traditionnelle », la famille « recomposée »... Autant de portraits de ségrégation, quand la Loi se noue à la jouissance et aux corps. Et autant de liens ou rapports de parenté, idéalisés ou décriés, qui sont tous battus en brèche par le non-rapport mis en avant par Lacan. En effet, il n’y a que la psychanalyse pour rendre pas-toute la régulation de la jouissance chez chacun(e) à partir de la famille de signifiants et des affres familiales.

Bruno Geneste : « La cicatrice de l’évaporation du père »
En 1967, dans son « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Lacan avance que le propos recueilli par Malraux de la bouche d’un ecclésiaste, « J’en viens à croire qu’il n’y a pas de grandes personnes », « signe l’entrée de tout un monde dans la voie de la ségrégation » (Autres écrits, p. 369). Un an plus tard, il qualifie la ségrégation comme la « cicatrice de l’évaporation du père ». à partir d’un cas clinique, il s’agira d’examiner la portée de ces assertions en tant qu’elles affirment un nouveau mode ségrégatif et de relever en quoi « la mesure dans l’éthique » réintroduite par Freud permet d’y répondre.

Jérome Vammalle : « Jamais on a vu jamais on ne verra, la famille tortue courir après les rats »
Voilà donc (me disais-je en chantant cette comptine à ma fille) comment on s’y prend depuis toujours pour faire famille. On édifie des murs, en prenant au besoin pour modèle la nature, les espèces animales, au risque de faire consister les imaginaires ségrégationnistes de la race, de l’espèce. Sur les écrans, les « séries » prennent le relais. Les plus massivement suivies, comme Game of Thrones, interrogent et poussent loin les conséquences d’une atteinte des « structures élémentaires de la parenté », de la loi, identifiée au désir. Mais ce qui s’y démontre au bout de la longue description des impuissances des différentes familles (appelées « maisons ») à traiter cette atteinte irrémédiable, nous renvoie à l’actualité de l’effacement de la « limite ».
Nous abordons quelques faits marquants de cette actualité.

Discutants : Martine Menès et Marc Strauss.

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