2019-2020 - Séminaire du Champ lacanien

[Affiche complète, programme]

Organisé par le conseil d’orientation (CO) et le conseil de direction (CD) de l’EPFCL-France

à 21h15, au 118, rue d'Assas - 75006 Paris et par Zoom pendant le confinement.

Inégalités

Quelle inégalité plus frappante, pour la psychanalyse au moins, que celle entre ce que Lacan appelle « le dire de Freud », soutenu par le discours du psychanalyste, et les discours qui barrent « nécessairement » ce dire de Freud, alors même qu’ils se revendiquent de lui ? « Il n’y a pas le moindre accès au dire de Freud qui ne soit pas forclos1 », en dehors du discours du psychanalyste. Ce discours de l’analyste n’est pourtant pas fermé sur lui-même, il se pratique à partir de la ronde des autres discours, qui sont sources de divers savoirs, et c’est pour cela que les psychanalystes sont attentifs à ces savoirs qui n’arrêtent pas de se constituer et d’infléchir notre actualité. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé cette année notre Séminaire Champ lacanien en invitant, à côté des collègues qui se réfèrent directement au discours de l’analyste pour s’orienter dans leur pratique, des spécialistes d’autres domaines : génétique, ethnologie et anthropologie, études du genre ou économie mathématique. Nous allons débattre ensemble des innombrables « inégalités », concept thème du Séminaire, qui façonnent notre réalité, pour le meilleur et, surtout, pour le pire. Nous partirons de l’inégalité homme/femme, celle qui est fondamentale dans la psychanalyse et qui arrive enfin à occuper une place décisive dans les débats contemporains à tous les niveaux, avec aussi des retours en arrière autour de l’avortement, comme dans certains endroits des Etats-Unis, mais aussi en Europe. Inégalité ensuite de structure, dans les deux sens du terme : structure clinique, mais aussi structure plus fondamentalement humaine, concernant le langage, mais aussi la génétique, comme le montre le débat, devenu houleux, autour de l’autisme. Et bien sûr, alors que l’inconscient n’est pas égalitaire, nous allons questionner les liens qui peuvent exister entre l’économie mathématique, à la pointe des recherches d’aujourd’hui, et la très freudienne économie libidinale.

 

Les membres peuvent écouter les enregistrements des séances en suivant le menu Audio qui apparait après s'être connecté avec son compte utilisateur personnel (Espace membre).

17 octobre 2019

1. Inégalités homme femme

Anita Izcovich : « L’inégalité de la femme »

Nous interrogerons ce qui a fondé l’inégalité des sexes dans l’histoire et dans la société actuelle. Nous aborderons la façon dont le féminisme a calqué la lutte des sexes sur la lutte des classes et la manière dont les femmes ont fait un certain usage de leur inégalité pour tenter de définir ce qui ne peut se dire de leur sexe. Quelle est la position de la psychanalyse aujourd’hui ?

David Bernard : « Femme // homme »

S’il a pu déchiffrer à partir de la psychanalyse certains fondements de l’inégalité sociale entre les hommes et les femmes, Lacan se sera néanmoins montré critique quant à l’équation « femme = homme ». Je tâcherai ici d’en commenter les raisons.

Hélène Duteriez : « L’inégalité Homme-Femme : de MeToo à la différence des sexes »

La domination masculine sur les femmes est très ancienne et s’exerce de bien des façons. Il ne s’agira pas de faire l’inventaire de ce qui pourrait expliquer ce phénomène mais de l’interroger par le prisme de la psychanalyse, tout particulièrement à travers les formules de la sexuation de Lacan quant à la différence des sexes.

Discutante : Mihaela Lazarov

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21 novembre 2019

2. Inné-galités

Invité : Arnnold Munnich
Génétique clinique et troubles du spectre autistiques

En raison du manque de spécificité́ clinique des TSA d’origine organique, la consultation de génétique s’est rarement terminée par une conviction clinique. Pour cette raison, les examens de laboratoire ultérieurs ont été systématiques. Eu égard aux contraintes imposées par les troubles du comportement dans les TSA, les consultations sur site constituent, pour les patients et leurs apparentés, un moyen d’améliorer l’accès aux soins et de réduire le risque de méconnaissance d’une pathologie organique à présentation psychiatrique.

Discutants : Jean-Pierre Drapier et Jean-Luc Vallet

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19 décembre 2019

3. L’inégalité des structures

Natacha Vellut : « L’élasticité de la structure »

Certains sujets oscillent entre flottement et rigidité, errance et fixité, tandis que d’autres démontrent une forme de souplesse dialectique et logique. Leur rapport à la langue qui colle est plus ou moins élastique, selon leur structure. Joyce nuance cependant cette inégale répartition structurelle.

Catherine Talabard : « Position sexuée et structures cliniques, quelles différences ? »

Dans « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », Lacan distingue « les tenants du désir et les appelants du sexe ». Comment ces appelants du sexe inscrivent-ils ou non la sexuation dans la castration et par voie de conséquences quelles suppléances sont créées ?

Didier Grais : « Une structure à la noix... »

Les analystes orientés par l’enseignement de Lacan se réfèrent encore actuellement à l’existence de différentes structures psychiques et à l’opposition, voire à l’inégalité, entre une structure psychotique, névrotique ou perverse.Nous tenterons d’interroger si cette distinction radicale entre les différentes structures est toujours indispensable pour la direction de la cure.

Carole Leymarie : « Inégalité des structures ? »

Partant des structures cliniques freudiennes, Lacan a conceptualisé, tout au long de son enseignement, ce qui les fonde. Son parcours témoigne d’une recherche de ce qui vaut pour tous, pour tous les êtres parlants. Face à ce qui, des effets du langage, vaut pour tous, pas de réponse identique du côté des sujets. Alors peut-on parler d’inégalité quant à ces différences ?

Discutant : Frédéric Pellion

 

30 janvier 2020

4. Liberté, égalité, fraternité ?

Invité : Michel Agier

« Inégale humanité, un enjeu contemporain »

« Ce que mettent en jeu la crise de l’accueil et les polémiques à propos des migrants dans les États européens, c’est le principe même d’une commune humanité en questionnant son caractère universel. L’affaire du “Let-to-die boat” et, à son image, les milliers de morts dans notre Méditerranée, posent la question de la possibilité de vivre en “laissant mourir” d’autres humains à côté. S’il n’y a plus aucune relation avec cette condition migrante “laissée-à-mourir”, alors cela signifie que nos sociétés sont capables de radicaliser l’altérité de l’autre jusqu’à sa déshumanisation, ce qui relance et redéfinit la race et le sujet de race comme fondement de l’autre non-humain. »

Michel Agier est ethnologue et anthropologue, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement et directeur d’EHESS.

Discutants : Nathalie Dollez et Armando Cote.

Sur notre chaine Youtube, Michel Agier répond à quelques unes de nos questions :

12 mars 2010

5. Inégalité femme homme

Invitée : Anne-Emmanuelle BERGER (professeure de littérature française et d’études de genre, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Directrice, UMR LEGS CNRS)

Discutant·e·s : Françoise GOROG et Radu TURCANU„„

23 avril 2020

par Zoom

6. Épars désassortis

Sophie Rolland-Manas : « Inégalité, disparité, différence »

L’inégalité en psychanalyse est de structure, du fait de l’inconscient qui n’est pas égalitaire, pas plus que l’égalité face au réel n’existe. Ainsi, pas d’égalité, pas d’harmonie, ce qui est renforcé par l’entrée dans le langage, qui a comme conséquence une disparité de la parole et dans le même temps entre les êtres parlants.

Une psychanalyse orientée par le réel ne vise pas à éteindre ou effacer la disparité ni l’inégalité. De la quête de la vérité et de la revendication d’une égalité, ne s’agit-il pas au bout de l’expérience de mettre une barre sur le signe égal, (=), pour qu’il passe à la différence, (≠)    N’est-ce pas de s’y reconnaître dans une inégalité singulière, celle de la différence absolue ?

Comment faire usage de cette trace sinthomatique ? Comment collectiviser ce qui est du un par un ? Comment chaque inégalité peut-elle résonner entre les « épars désassortis » ?

Elisabete Thamer : « Trop inégaux ? »

Quel lien social pourrait convenir aux « épars désassortis » analysés ?

Éliane Pamart : « “Les épars désassortis” restent-ils désassortis dans une école de psychanalyse ? »

Si le discours analytique fait lien entre les « épars désassortis », produits de l’analyse selon Lacan dans la préface à l’édition anglaise du Séminaire XI, n’y aurait-il pas quelques assortiments possibles et néanmoins symptomatiques des effets de groupe ?

Discutant : Jean-Jacques Gorog

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28 mai 2020

7. Le droit à l’enfant

Josée MATTEI, Jean-Pierre DRAPIER, Fanny MATTE, Anne-France CHATILIEZ PORGE

Discutante : Olga MEDINA

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18 juin 2020

8. Les incidences politiques sur l’économie…libidinale

Invité : Gaël GIRAUD (économiste spécialisé en économie mathématique, chef économiste de l’Agence française de développement (AFD)

Discutantes : Colette SOLER et Natacha VELLUT

  • 1. J. LACAN, « L’étourdit », in Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 454.