L’incidence de la passe dans l’École vu par l’AE

Samedi 12 septembre 2020 de 9h30 à 17h00

à la Maison de la Poésie à Paris et par Zoom

157 Rue Saint-Martin - 75003 Paris

Argument

Après bientôt vingt ans d’existence de notre École, nous avons suffisamment de recul pour nous questionner sur les effets de la passe sur l’École et au-delà.

Dans cette perspective le Conseil d’Orientation de l’EPFCL-France a programmé une journée de travail sur le thème de l’incidence de la passe dans notre École vue par l’AE (Analyste de l’École), l’AE encore en fonction comme celui qui l’a été. L’organisation en a été confiée à trois membres du Conseil d’Orientation qui ont été AE : Patrick Barillot, Patricia Dahan et Elisabete Thamer.

Quand Lacan, en 67 dans sa « Proposition pour le psychanalyste de l’École », met la passe au fondement de la garantie c’est pour dissiper « l’ombre épaisse » qui recouvrait dans toutes les sociétés de psychanalyse le passage du psychanalysant au psychanalyste.

Il attendait de l’analyste, qui voulait occuper cette place d’AE, qu’il participe aux progrès de l’École.

En se faisant l’analysant de sa propre expérience dans une adresse à l’École, le passant attend de celle-ci qu’elle garantisse sa formation. En retour l’École attend qu’il pense la psychanalyse à partir des problèmes cruciaux qu’il a lui-même eu à résoudre dans ce raccord du passage à l’analyste. Penser la psychanalyse à l’aide de son expérience telle est la fonction de l’AE.

En effet la psychanalyse en intension, soit la didactique, comme Lacan le dit dans sa « Proposition » n’a pas pour seule visée d’y préparer des opérateurs.

Car s’il veut participer aux progrès de l’École, l’analyste se doit d’être double : il y a celui qui opère dans la cure et celui qui pense la psychanalyse1.

Depuis que notre dispositif fonctionne, les AE nommés, ainsi que les cartels de la passe se sont mis à la tache de penser ce moment de l’analyse où s’opère la perte de la foi dans le sujet supposé savoir avec l’aperçu de sa faille ainsi que l’expérience des impasses de la vérité, qui au-delà de l’impossible à dire tout de la jouissance, ment quant au réel en jeu.

Mais nous ne pouvons pas oublier qu’en 1977 Lacan faisait le constat de l’échec de sa passe, le dispositif n’ayant pas produit ce qu’il en attendait2.

Qu’en attendait-il ? Certainement une production de savoir sur ce qui fait le passage du psychanalysant au psychanalyste mais vraisemblablement pas seulement.

Car, comme nous le rappelle Colette Soler dans son récent texte « Reconquête », l’instauration de la passe avait en plus une visée politique pour l’École dans ce qu’elle pouvait présenter de la psychanalyse à l’extérieur, soit la psychanalyse en extension. Avec l’idée que ce qui s’affichait de la psychanalyse dépendait de ce qui s’en élaborait à partir de l’expérience de la passe.

Dans sa « Proposition » Lacan dénonçait les trois facticités produites par les sociétés de psychanalyse pour former l’horizon de la psychanalyse en extension.

Ces trois points de fuite s’ordonnaient selon les trois registres du symbolique, de l’imaginaire et du réel : promotion du mythe œdipien, prévalence voulue par Freud du modèle de l’Église ou de l’armée dans le fonctionnement des sociétés de psychanalyse et la montée des processus ségrégatifs. Lacan attendait de la passe des effets sur ces trois facticités.

Aujourd’hui nous n’en sommes pas à faire le constat de l’échec de la passe pour notre École mais néanmoins nous questionner sur les incidences de la passe sur l’École et de l’articulation entre psychanalyse en intension et extension n’est pas superflu pour en mesurer les effets.

Pour ce qui concerne le dispositif de la passe, ça fonctionne. Le CIG comme instance internationale suscite le désir. C’est un lieu d’échange où la parole est libre et où des avis contradictoires peuvent prendre le temps de s’exprimer. Ces échanges, au-delà de la nomination des AE, permettent que s’élabore dans une dimension internationale une réflexion sur la fin de l’analyse et la formation du psychanalyste.

Demeure la question de l’incidence propre des AE nommés dans la communauté et des conséquences pour l’École.

Nous aurons l’occasion, au cours de cet événement, d’entendre des témoignages, des échanges, des réflexions sur les effets de l’expérience de la passe sur l’École, c’est à dire sur ses membres, dans les instances de garantie qui la composent, dans les enseignements et d’une façon plus générale sur la formation de l’analyste. Du nouage entre intension et extension nous espérons aussi qu’il sera question.

Cette journée de travail sera animée par des AE en fonction ou qui l’ont été. Ils interviendront de là où ils en sont dans leur parcours. Et s’exprimeront sur ce qui a été leur expérience depuis leur nomination ainsi que sur la façon dont ils perçoivent et ressentent les effets de la passe dans l’École. Nous pourrons aussi compter sur la participation du dernier AE nommé, notre collègue d’Argentine, Alejandro Rostagnotto.

Programme

9H30 : Accueil

10H-11H : Témoigner
  Modérateur : Marc STRAUSS
  Nicolas BENDRIHEN
  Sophie ROLLAND-MANAS
 
11H-12H : Effets sur la pratique
  Modérateur : Dominique TOUCHON FINGERMANN
  Marie-Noëlle JACOB-DUVERNET
  Élisabeth LETURGIE
 
14H-15H
  Modérateur et traduction : Sol APARICIO
  Alejandro ROSTAGNOTTO
 
15H-17H : Nouage passe École
  Modérateur : Colette SOLER
 
15H-16H
  Patricia DAHAN
  Nadine CORDOVA
 
16H-17H
  Elisabete THAMER
  Patrick BARILLOT

Pour tous renseignements vous pouvez contacter :

  • Patrick Barillot pbarillotepfcl -at- gmail.com – Tél.: 01 42 22 33 80
  • Ou bien l’EPFCL : 118, rue d’Assas – 75006 Paris – Tél : 01 56 24 22 56 Email : secretariat-epfcl-france -at- epfcl.fr
  • 1. J. Lacan, Séminaire R.S.I., inédit, leçon du 10 décembre 1974 – « Il est pourtant indispensable que l’analyste soit au moins deux : l’analyste, pour avoir des effets, et l’analyste qui, ces effets, les théorise. »
  • 2. « J’ai voulu avoir des témoignages, naturellement je n’en ai eu aucun, des témoignages de comment ça se produisait. Bien entendu c’est un échec complet, cette passe. » Assises de l’École freudienne de Paris : « L’expérience de la passe », Deauville. Parue dans les Lettres de l’École, 1978, n° 23, pp. 180-181.